Le sort de l'Empire ottoman / André Mandelstam
Langue: français.Pays: Suisse, France.Publication:Lausanne, 1917 : Imprimeries Réunies, 1 rue du Bourg, Lausanne : PayotDescription : 1 vol. (XII-631 p.) ; 24 cmRésumé: Cet extrait de la préface donne une bonne idée de l’œuvre : "Notre conscience rejette les horribles théories allemandes et se refuse à proclamer le triomphe de la force sur le droit. Notre conception de la justice n'admet pas la souveraineté absolue, illimitée, de l'Etat, ce moloch moderne piétinant les droits des nations et des hommes. Nous croyons à une seule souveraineté, à celle qu'a proclamée MIRABEAU, la souveraineté du droit. Nous croyons qu'au-dessus du droit de l'Etat s'élève le droit international, et au-dessus de tous les deux, le droit humain. Dès lors ç'a été pour nous un devoir impérieux d'écrire ce livre. Devoir d'homme qui a consacré une grande partie de son activité à l'étude du droit, devoir d'homme qui a passé une partie de sa vie à l'étude de l'Empire Ottoman, où il est resté pendant seize ans, à un poste d'où il pouvait observer et juger. Comme juriste russe, comme Associé de l'Institut de Droit international, comme Secrétaire de la seconde Conférence de la Paix, comme fils enfin de la grande Russie libre, nous avons voulu dire notre opinion intime sur le cas : Civilisation contre Empire Ottoman, engagé pour la dernière fois devant le Tribunal de l'histoire. Dès lors, le plan du livre s'est imposé de lui-même. Dans la première partie, nous présentons une histoire succincte du régime jeune-turc, tel que nous l'avons vu en témoin oculaire. Quant à nos appréciations, nous déclarons n'avoir voulu blesser intentionnellement qui que ce soit. Nous n'avons dit que ce que nous croyions indispensable à l'intelligence des événements. Nous n'avons aucune animosité personnelle contre aucun des chefs jeunes-turcs, si ce n'est celle d'avoir à porter un jugement sévère sur des hommes en la sincérité, la loyauté et la générosité desquels nous avons cru trop longtemps, et que nous devons flétrir aujourd'hui comme des renégats. Mais nous ne regrettons pas notre confiance d'alors. D'ailleurs, l'Europe entière n'a pas à se repentir d'avoir donné aux Jeunes-Turcs un délai pour faire la preuve de leur droit à l'Empire. C'est mieux ainsi. Car l'histoire ne pourra pas dire que les crimes de ses sultans ont empêché le peuple turc de montrer à l'univers son âme véritable. La seconde partie de ce livre analyse la neutralité turque et réfute les arguments par lesquels la Turquie tâche d'expliquer son entrée en guerre. La troisième partie décrit, aussi exactement que nos moyens d'information nous le permettaient, la Turquie sous l'Allemagne, la Turquie sous le Califat de Berlin, selon le mot de M. SAZONOW. La quatrième partie établit le droit à l'intervention d'humanité, en théorie d'abord, dans les consciences juridiques des peuples de l'Entente, ensuite. Et le livre finit par l'application du principe de l'intervention au criminel convaincu de lèse-humanité — à l'Empire Ottoman, — déclaré déchu de sa tutelle sur les peuples non-turcs, au nom du Droit humain. Nous nous défendons d'avoir écrit un livre politique. Ce livre poursuit un but juridique, celui de l'avènement du Droit humain dans les contrées qui gémissent encore sous le joug turc. Nous n'envisageons pas ici la libération des peuples de l'Empire Ottoman en connexité avec tel ou tel état momentané de la carte de guerre, ou en relation avec telle ou telle combinaison politique. Nous avons voulu exposer le droit intuitif, la conscience juridique des peuples de l'Entente. Nous présentons la disparition de l'Empire Ottoman comme le corollaire logique et inévitable du but général permanent proclamé par l'Entente, l'établissement de la Paix par le Droit. Nous voulons prouver que ce but magnifique est inconciliable avec le maintien de la domination turque sur une autre race quelconque. Dès lors, qu'on ne nous accuse pas d'un orgueil démesuré, pour avoir entrepris de faire le procès d'un grand et ancien Empire. Nous n'avons voulu qu'accomplir un devoir, contribuer dans la mesure de nos forces à l'établissement de la vérité. .Bibliographie: Notes bibliogr. Index.Sujet - Auteur collectivité: Jeunes-Turcs Sujet - Nom commun: Eastern question (Balkan) | Armenian question | World War, 1914-1918 -- Turkey | Orient, Question d' (Balkans) | Guerre mondiale (1914-1918) Turquie | Question arménienne Sujet - Nom géographique: Turkey -- Politics and government -- 1909- | Germany -- Foreign relations -- Turkey | Turkey -- Foreign relations -- Germany | Empire ottoman, Politique et gouvernement, 1909-1918 | Empire ottoman, Relations extérieures Allemagne | Allemagne, Relations extérieures Empire ottoman Ressources en ligne:Accès en ligneSUDOC:Voir la notice dans le SUDOC| Cover image | Item type | Current library | Home library | Collection | Shelving location | Call number | Materials specified | Vol info | URL | Copy number | Status | Notes | Date due | Barcode | Item holds | Item hold queue priority | Course reserves | |
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Ressource Web
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Centre National de la Mémoire Arménienne Salle de lecture | POL MAN ՄԱՆ 1.1917 | Exclu du prêt | Ressource web consultable en ligne | RWPOLMAN11917 |
Notes bibliogr. Index
Cet extrait de la préface donne une bonne idée de l’œuvre :
"Notre conscience rejette les horribles théories allemandes et se refuse à proclamer le triomphe de la force sur le droit. Notre conception de la justice n'admet pas la souveraineté absolue, illimitée, de l'Etat, ce moloch moderne piétinant les droits des nations et des hommes. Nous croyons à une seule souveraineté, à celle qu'a proclamée MIRABEAU, la souveraineté du droit. Nous croyons qu'au-dessus du droit de l'Etat s'élève le droit international, et au-dessus de tous les deux, le droit humain.
Dès lors ç'a été pour nous un devoir impérieux d'écrire ce livre. Devoir d'homme qui a consacré une grande partie de son activité à l'étude du droit, devoir d'homme qui a passé une partie de sa vie à l'étude de l'Empire Ottoman, où il est resté pendant seize ans, à un poste d'où il pouvait observer et juger. Comme juriste russe, comme Associé de l'Institut de Droit international, comme Secrétaire de la seconde Conférence de la Paix, comme fils enfin de la grande Russie libre, nous avons voulu dire notre opinion intime sur le cas : Civilisation contre Empire Ottoman, engagé pour la dernière fois devant le Tribunal de l'histoire.
Dès lors, le plan du livre s'est imposé de lui-même. Dans la première partie, nous présentons une histoire succincte du régime jeune-turc, tel que nous l'avons vu en témoin oculaire. Quant à nos appréciations, nous déclarons n'avoir voulu blesser intentionnellement qui que ce soit. Nous n'avons dit que ce que nous croyions indispensable à l'intelligence des événements. Nous n'avons aucune animosité personnelle contre aucun des chefs jeunes-turcs, si ce n'est celle d'avoir à porter un jugement sévère sur des hommes en la sincérité, la loyauté et la générosité desquels nous avons cru trop longtemps, et que nous devons flétrir aujourd'hui comme des renégats. Mais nous ne regrettons pas notre confiance d'alors. D'ailleurs, l'Europe entière n'a pas à se repentir d'avoir donné aux Jeunes-Turcs un délai pour faire la preuve de leur droit à l'Empire. C'est mieux ainsi. Car l'histoire ne pourra pas dire que les crimes de ses sultans ont empêché le peuple turc de montrer à l'univers son âme véritable. La seconde partie de ce livre analyse la neutralité turque et réfute les arguments par lesquels la Turquie tâche d'expliquer son entrée en guerre.
La troisième partie décrit, aussi exactement que nos moyens d'information nous le permettaient, la Turquie sous l'Allemagne, la Turquie sous le Califat de Berlin, selon le mot de M. SAZONOW.
La quatrième partie établit le droit à l'intervention d'humanité, en théorie d'abord, dans les consciences juridiques des peuples de l'Entente, ensuite. Et le livre finit par l'application du principe de l'intervention au criminel convaincu de lèse-humanité — à l'Empire Ottoman, — déclaré déchu de sa tutelle sur les peuples non-turcs, au nom du Droit humain.
Nous nous défendons d'avoir écrit un livre politique. Ce livre poursuit un but juridique, celui de l'avènement du Droit humain dans les contrées qui gémissent encore sous le joug turc. Nous n'envisageons pas ici la libération des peuples de l'Empire Ottoman en connexité avec tel ou tel état momentané de la carte de guerre, ou en relation avec telle ou telle combinaison politique. Nous avons voulu exposer le droit intuitif, la conscience juridique des peuples de l'Entente. Nous présentons la disparition de l'Empire Ottoman comme le corollaire logique et inévitable du but général permanent proclamé par l'Entente, l'établissement de la Paix par le Droit. Nous voulons prouver que ce but magnifique est inconciliable avec le maintien de la domination turque sur une autre race quelconque.
Dès lors, qu'on ne nous accuse pas d'un orgueil démesuré, pour avoir entrepris de faire le procès d'un grand et ancien Empire. Nous n'avons voulu qu'accomplir un devoir, contribuer dans la mesure de nos forces à l'établissement de la vérité.
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